En 79, de retour de Kingston, Hélène Lee (devenue Lee après son mariage avec un Rasta de Negril, Joseph Lee) écrivit une série de 4 articles dans Libé qui donnaient un très bon aperçu de la scène Reggae dans l'île.
La même année, José Jourdain et son frère ouvrirent la première boutique spécialisée dans le Reggae : elle s'appelait 'Blue Heaven' et se trouvait dans un endroit pas très 'Roots' : la Galerie Point Show des Champs Elysées !
On y trouvait des singles et des Maxis fabuleux 'direct from Jamaica'. Ablaye était vendeur, ainsi qu'Hermann du groupe punk Métal Urbain. C'est là que se retrouvaient les premiers fans parmi lesquels Fluoman et sa copine blonde dreadlockée, Didi, Aziz, Philippe, Bernard Loupias (qui travaillait au Matin de Paris avant d'être au Nouvel Observateur), Patrick Leygonie, General Burning, et un grand rouquin barbu dont j'ai oublié le nom. Par la suite, José migra rue Chapon, près de Beaubourg, et la boutique s'appela alors 'Concrete Jungle', puis 'Zion Land'. Il fonda également le label "Jah Live" et sortit des albums des Congos, Niney, etc..
En 1980, eut lieu le concert historique de Bob Marley au Bourget qui attira au moins 50.000 spectateurs (plus que le Pape!). Je n'y étais pas, mais je suis allé à la party qui a suivi, organisée par Chris Blackwell et Island Records sur un bateau mouche le long de la Seine. Petite anecdocte : j'avais dans mes poches un joint de sensi jamaïcaine que m'avait donné Sidney, un Rasta de Negril qui était alors à Paris. Pendant la fête, j'ai tendu le spliff à Bob, qui a tiré dessus, a apprécié, il m'a demandé " Who gave you that ? ", et je lui ai expliqué. Par la suite, nous avons tous dansé, sur du Reggae et du Funk, avec les Wailers, et je me souviendrai toujours de Bob dansant au milieu des I Threes, en les tenant par l'épaule. Deux semaines plus tard, je partais pour mon premier voyage en Jamaïque (je reviendrai dessus). Quelque temps après, c'est là-bas que j'appris que Bob était malade, et il devait décéder en mai 81.
