L'arrivée du reggae en France: troisième partie

L'arrivée du reggae en France: troisième partie
En 77, l'année du "choc des deux 7" ("Two Sevens Clash", l'album mythique de Culture dont j'ai encore la version vinyl qui pèse une tonne de chez Joe Gibbs), il y eut une vraie solidarité entre les punks et les rastas, qui étaient aussi en révolte contre 'Babylone'. Les punks écoutaient beaucoup de reggae, en particulier Tapper Zukie et Dillinger. Mais, au delà de cet esprit commun de révolte, les deux philosophies n'étaient pas vraiment compatibles, l'une étant plutôt nihiliste et "destroy" et l'autre étant positive et 'Ital'.
En 79, de retour de Kingston, Hélène Lee (devenue Lee après son mariage avec un Rasta de Negril, Joseph Lee) écrivit une série de 4 articles dans Libé qui donnaient un très bon aperçu de la scène Reggae dans l'île.
La même année, José Jourdain et son frère ouvrirent la première boutique spécialisée dans le Reggae : elle s'appelait 'Blue Heaven' et se trouvait dans un endroit pas très 'Roots' : la Galerie Point Show des Champs Elysées !
On y trouvait des singles et des Maxis fabuleux 'direct from Jamaica'. Ablaye était vendeur, ainsi qu'Hermann du groupe punk Métal Urbain. C'est là que se retrouvaient les premiers fans parmi lesquels Fluoman et sa copine blonde dreadlockée, Didi, Aziz, Philippe, Bernard Loupias (qui travaillait au Matin de Paris avant d'être au Nouvel Observateur), Patrick Leygonie, General Burning, et un grand rouquin barbu dont j'ai oublié le nom. Par la suite, José migra rue Chapon, près de Beaubourg, et la boutique s'appela alors 'Concrete Jungle', puis 'Zion Land'. Il fonda également le label "Jah Live" et sortit des albums des Congos, Niney, etc..
En 1980, eut lieu le concert historique de Bob Marley au Bourget qui attira au moins 50.000 spectateurs (plus que le Pape!). Je n'y étais pas, mais je suis allé à la party qui a suivi, organisée par Chris Blackwell et Island Records sur un bateau mouche le long de la Seine. Petite anecdocte : j'avais dans mes poches un joint de sensi jamaïcaine que m'avait donné Sidney, un Rasta de Negril qui était alors à Paris. Pendant la fête, j'ai tendu le spliff à Bob, qui a tiré dessus, a apprécié, il m'a demandé " Who gave you that ? ", et je lui ai expliqué. Par la suite, nous avons tous dansé, sur du Reggae et du Funk, avec les Wailers, et je me souviendrai toujours de Bob dansant au milieu des I Threes, en les tenant par l'épaule. Deux semaines plus tard, je partais pour mon premier voyage en Jamaïque (je reviendrai dessus). Quelque temps après, c'est là-bas que j'appris que Bob était malade, et il devait décéder en mai 81.
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# Posté le lundi 17 avril 2006 17:45

L'arrivée du reggae en France: deuxième partie

L'arrivée du reggae en France: deuxième partie
C'est en 1975 avec la sortie de 'Natty Dread', que commença la consécration de cette musique en France. Le premier concert de Reggae à Paris fut celui du groupe 'Cimarrons' au théâtre Campagne Première.
En 1976, sortit le film culte 'The Harder They Come' ('Tout, tout de suite'), avec Jimmy Cliff, qui avait été réalisé 4 ans plus tôt en Jamaïque par Perry Henzel et qui racontait les tribulations d'Ivan, qui voulait devenir chanteur de Reggae.
Francis Dordor écrivit aussi de très beaux articles sur la culture jamaïcaine dans 'Best'. En 1977, ce fut le premier concert de Marley à Paris. Il fut suivi de Culture, Dillinger au Palace, puis U Roy, Hugh Mundell, les Gladiators... Une bonne partie de ces concerts fut organisée par Simon (Simms Productions). Malgré une organisation pas toujours très efficace, il a pris souvent le risque de faire venir à Paris des artistes Reggae qui n'étaient jamais venus : en particulier les premiers concerts magiques de Freddie McGregor et des Abyssinians à la Mutualité, en 86 et 88.
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# Posté le lundi 17 avril 2006 17:43

L'arrivée du reggae en France: première partie

L'arrivée du reggae en France: première partie
Le Reggae a commencé en France de manière anecdotique à la fin des années 60 avec les hits anglais de Desmond Dekker 'Israelites', de Johnny Nash 'Hold Me Tight', 'I Can See Clearly Now' de Jimmy Cliff, que j'ai vu en 1966 à l'Alhambra alors qu'il chantait du Soul! Auparavant, il y avait eu le Ska et le Blue Beat, avec Millie ('My Boy Lollipop') et Prince BUSTER ('Al Capone') qui animait mes premières boums vers 1965. Presque personne ici à l'époque ne connaissait les véritables trésors Rocksteady des labels 'Studio One' ou 'Treasure Isle' qu'on a découverts bien plus tard. Il faut dire que cette musique n'avait pas très bonne réputation car elle était aussi celle des Skinheads anglais qui cassaient la gueule aux Hippies et aux Pakistanais. C'est vers 73 que le Reggae commença à devenir réellement populaire en france.
D'abord avec le magasin de disques imports 'Givaudan', boulevard St Germain, qui mettait en devanture les premiers albums aux couvertures ahurissantes de U Roy, Big Youth, ou le triple album de Count Ossie and the Mystic Revelation of Rastafari, 'Grounation'.
En même temps, en Angleterre, commençait l'explosion Marley, Toots & the Maytals, etc. La très bonne reprise d'I Shot The Sheriff' par Eric Clapton y fut sûrement pour beaucoup. Philippe Garnier fut le premier dans 'Rock & Folk' à écrire des articles sur la musique jamaïcaine dans lesquels il expliquait les ghettos de Kingston, la mystique Rastafarienne, les Wailers, etc.
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# Posté le lundi 17 avril 2006 17:42

Odyssee Jamaïque

Odyssee Jamaïque
A partir du 31 mars et jusqu'au 18 Mai 2006, l'ADIAM 78 met en oeuvre, avec le groupe Orange Street, le projet "Odyssée Jamaïque" qui se propose de faire découvrir l'histoire des musiques jamaïcaines de 1900 à nos jours grâce à deux actions complémentaires sur l'ensemble du département des Yvelines :
Des conférences musicales ouvertes à tous et un spectacle, destiné notamment à un public scolaire.

Plus d'infos : http://www.cg78.fr/actu2006/adiam/OdysseeJamaique.pdf
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# Posté le samedi 15 avril 2006 04:06

Modifié le dimanche 15 juillet 2007 17:51

Bob Marley et le Football

Bob Marley et le Football
« Le football est une aptitude à part entière. Un monde à part entière. Un univers entier en soi-même. J'aime ça parce que tu as besoin d'être doué pour y jouer. Le football, c'est la liberté ! ».

Bob Marley jouait le plus souvent en meneur de jeu créatif. Très doué techniquement, ses idoles étaient brésiliennes (Pelé) ou argentines (Ardiles, Villa). En amateur du beau jeu, il ne jurait donc que par le football latino-américain, et s'il porta un jour les couleurs des Tottenham Hotspurs, ce ne fut qu'en hommage à Ossie Ardiles. Son c½ur battait en effet pour Santos, le magique et mythique club du Roi Pelé. Les qualités de footballeur du Rasta de la balle étaient indéniables. Un des grands spécialistes du football britannique, Danny Baker, qui le vit jouer à plusieurs reprises, assurait avoir vu en lui le talent suffisant pour mener une carrière professionnelle en Jamaïque. A l'époque, les joueurs des Caraïbes avaient peu de chance d'évoluer dans l'ancienne métropole.

La légende veut que Bob Marley décéda des suites d'une blessure mal soignée provoquée lors d'un match de football. La réalité est un peu différente, même si elle ne peut être clairement établie. Journalistes français et britanniques se battent encore aujourd'hui pour placer ce tragique événement lors d'un match disputé pendant la tournée européenne de 1977. Pour les Français, Bob s'est blessé au cours d'un match contre la presse et la profession musicale au lendemain d'un concert à Paris, tandis que les Anglais situent le match à Londres contre une équipe de célébrités, à Battersea Park.
Danny Baker, commentateur TV bien connu du football anglais, a déclaré être celui qui avait marché sur le pied de Marley lors d'une partie au Parc de Battersea en 1977.
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# Posté le samedi 15 avril 2006 04:05

Modifié le dimanche 15 juillet 2007 17:51